Références sur le CV : faut-il les indiquer, qui choisir et comment les préparer
Découvre s'il faut mettre des références sur ton CV, qui choisir, comment les préparer et ce que le recruteur a le droit de faire. Prépare ta liste.

Photo by Centre for Ageing Better (Unsplash)
Introduction
Fin du deuxième entretien, le recruteur referme son carnet : « Est-ce que vous auriez des références à me donner ? » Tu n'as rien préparé, alors tu cites de mémoire ton ancienne responsable, en espérant qu'elle se souvienne de toi. En France, les références figurent rarement sur le CV, mais la prise de références, elle, arrive souvent à ce moment-là, par un simple coup de téléphone.
Dans cet article, tu vas voir s'il faut les écrire sur ton CV, qui choisir, comment préparer les personnes que tu cites, quoi faire si tu es parti(e) en mauvais termes et ce que le recruteur a le droit de faire de son côté.
Faut-il mettre des références sur ton CV ?
En général, non. Ton CV est lu en quelques secondes, et une rubrique « Références » avec trois noms, trois numéros et trois adresses e-mail prend la place d'une expérience ou d'un résultat. Elle diffuse aussi, à chaque envoi, les coordonnées de personnes qui n'ont rien demandé.
La mention « Références sur demande » n'apporte pas grand-chose non plus : un recruteur qui veut prendre des références te les demandera, que tu l'aies écrit ou non. Garde plutôt une liste prête dans un document à part, et envoie-la quand on te la réclame.
Trois cas font exception. Si l'offre demande des références dès la candidature, fournis-les : c'est la consigne. Si tu cherches un premier emploi ou une alternance, ton tuteur de stage ou d'alternance est peut-être ton meilleur argument : une ligne « Tuteur : Claire Martin, responsable logistique » sous ton stage le rend visible sans créer de rubrique. Pour construire le reste, suis notre guide du CV pour stage étudiant. Enfin, si tu es freelance, un client qui accepte d'être cité pèse plus lourd qu'un adjectif.
Qui donner en références, sur ton CV ou à l'entretien
Le bon choix, c'est la personne qui t'a vu(e) travailler de près, et récemment. Ton ancien manager direct passe en premier, parce qu'il peut parler de tes résultats et de ta fiabilité. Si tu débutes, ton tuteur de stage ou ton maître d'apprentissage joue ce rôle. Si tu travaillais avec l'extérieur, un client ou un partenaire fait très bien l'affaire. À défaut, un collègue senior ou un chef de projet. Famille et amis, en revanche, ne disent rien de ta façon de travailler.
Prévois deux ou trois noms, pas plus, et pense à ce que chacun peut couvrir. Une ancienne responsable d'association peut témoigner d'une année de bénévolat, ce qui t'aide si tu dois expliquer un trou dans ton CV. Un chef d'équipe en entrepôt connaît ta ponctualité, pas ton aisance avec un tableur : choisis selon le poste visé.
Comment demander et préparer tes références
Ne donne jamais un nom sans avoir demandé. Une ancienne manager surprise par un appel cherche ses souvenirs, hésite, et l'hésitation s'entend au téléphone. Un message court suffit :
Bonjour Sophie, je postule à un poste de chargée de clientèle dans une entreprise lyonnaise, et le recruteur prendra sans doute des références dans les prochaines semaines. Accepteriez-vous que je donne votre nom ? Je peux vous envoyer l'offre et mon CV pour que vous ayez le contexte.
Une fois l'accord obtenu, briefe ta référence. Envoie-lui l'offre et ton CV, rappelle-lui deux ou trois réalisations qu'elle a vues de près, comme le fichier clients que tu as remis à plat ou le pic de commandes de décembre absorbé sans retard, et préviens-la du calendrier probable.
Ta liste tient sur une page : nom, fonction actuelle, entreprise, lien avec toi (« ma responsable de 2022 à 2024 »), téléphone et e-mail. Envoie-la avec le même soin qu'un mail pour envoyer ton CV : objet clair, message court. Et quelle que soit l'issue, préviens tes références du résultat et remercie-les. Tu auras peut-être besoin d'elles à nouveau.
Parti(e) en mauvais termes : comment t'en sortir
Personne ne t'oblige à citer le manager avec qui ça s'est mal fini. Cherche quelqu'un d'autre qui a suivi ton travail dans la même entreprise (un collègue senior, la responsable d'un service voisin, un client), ou appuie-toi sur un poste plus ancien mais plus parlant.
Si la question arrive en entretien, une phrase calme suffit : « Nous n'avions pas la même vision du poste, je vous oriente plutôt vers ma cheffe de projet, qui a suivi mon travail au quotidien. » Pas de règlement de comptes : c'est toi que le recruteur évalue, pas ton ancien chef.
Deux documents peuvent t'aider. Le certificat de travail, que l'employeur doit te remettre à la fin de ton contrat, confirme tes dates d'entrée et de sortie et la nature des emplois occupés : il prouve ton parcours, pas la qualité de ton travail. La lettre de recommandation, elle, se demande : fais-le au moment de ton départ, quand tes réussites sont encore fraîches, et garde-la en PDF. Elle ne remplace pas un appel, mais elle rassure.
Prise de références : ce que le recruteur a le droit de faire
Le Code du travail encadre la pratique. Les informations demandées à un candidat ne peuvent servir qu'à apprécier sa capacité à occuper le poste ou ses aptitudes professionnelles, et doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l'emploi (article L1221-6). Tu dois être expressément informé(e), avant leur mise en œuvre, des méthodes de recrutement utilisées à ton égard (article L1221-8). Et aucune information te concernant ne peut être collectée par un dispositif qui n'a pas été porté à ta connaissance au préalable (article L1221-9).
La CNIL en tire une règle simple : le recueil de références auprès de ton environnement professionnel (supérieurs, collègues, maîtres de stage, clients, fournisseurs) est autorisé dès lors que tu en as été informé(e) au préalable. Rien ne doit donc se faire dans ton dos, et les questions sans lien direct avec le poste, sur ta santé ou ta vie privée par exemple, sont hors jeu.
Si tu es en poste et que ton employeur ignore ta recherche, dis clairement au recruteur de ne pas l'appeler. Enfin, tu disposes d'un droit d'accès aux données qu'un recruteur conserve sur toi, et les personnes contactées pour une prise de références ont, elles aussi, des droits sur les leurs.
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Conclusion
En France, les références restent le plus souvent hors du CV : prépare-les à part et sors-les quand on te les demande. Choisis deux ou trois personnes qui t'ont vu(e) travailler de près, demande leur accord et donne-leur le contexte de chaque candidature. Si une relation s'est mal terminée, appuie-toi sur un autre témoin et sur tes documents. Et garde en tête qu'une prise de références ne doit jamais se faire à ton insu.
Questions fréquentes
Est-ce que je dois mettre des références sur mon CV ?
Non, sauf si l'offre le demande. En France, le recruteur qui veut prendre des références te les réclame le plus souvent en fin de processus. Garde plutôt une liste à part, avec deux ou trois noms, leur fonction et leurs coordonnées, et envoie-la quand on te la demande. Ton CV garde ainsi sa place pour tes expériences.
Faut-il écrire « références sur demande » sur mon CV ?
Ce n'est pas utile. Un recruteur qui veut des références te les demandera, que la mention figure ou non sur ton CV. Cette ligne prend de la place sans rien apprendre au lecteur. Mieux vaut préparer ta liste à l'avance et prévenir les personnes concernées, pour pouvoir répondre dans la journée quand la question tombe.
Combien de références donner quand on me les demande après mon CV ?
Deux ou trois suffisent, à condition qu'elles soient récentes et qu'elles t'aient vu(e) travailler de près. Un ancien manager direct, un tuteur de stage ou un client valent mieux qu'une longue liste de collègues lointains. Choisis-les en fonction du poste visé et vérifie que chacune est d'accord avant de transmettre son nom.
Mon tuteur de stage peut-il servir de référence sur mon CV ?
Oui, et c'est souvent ta meilleure référence quand tu débutes. Ton tuteur de stage ou ton maître d'apprentissage a suivi ton travail au quotidien et peut en parler concrètement. Demande-lui son accord avant la fin de ton stage, pendant que tes missions sont encore fraîches, et note ses coordonnées professionnelles dans ta liste.
Un recruteur peut-il prendre des références sans me prévenir ?
Non. Le Code du travail interdit de collecter des informations sur toi par un moyen qui n'a pas été porté à ta connaissance au préalable, et la CNIL n'admet la prise de références que si tu en as été informé(e) avant. Si ton employeur actuel ignore ta recherche, dis clairement au recruteur de ne pas l'appeler.
Que faire si je suis parti(e) en mauvais termes avec mon ancien manager ?
Ne donne pas son nom en espérant que tout se passe bien. Propose une autre personne de la même entreprise qui a suivi ton travail, comme un collègue senior, un chef de projet ou un client. En entretien, explique la situation en une phrase calme, sans règlement de comptes, puis ramène la conversation sur ce que tu as accompli.


